Tokyo Monogatari (IX)

Quand Jiang eut dit oui, le type crédita un compte bancaire temporaire. Avance sur résultats. Jiang en profita pour s’acheter quelques vêtements, cuir noir renforcé et textile de combat, et louer un cube avec un balcon minuscule.

La nuit le trouva au volant d’une berline sobre (récupérée dans une agence) devant un immeuble d’Ikebukuro. Calé au fond du siège, le Mandchou jetait de fréquents regards vers le sac où il avait fourré un pistolet à dards et une lame oscillante en céramique, longue de vingt centimètres et rechargeable sur allume-cigare. Le plastique contenait assez de bouffe de combini pour tenir de longues heures d’ennui aux quatre coins de Tokyo.

À 22h, la fille se laissa tomber sur la banquette arrière sans dire un mot, et resta là, posée sur le cuir comme une plume. Les yeux perdus dans la ville, ses mains si blanches sur des cuisses si fines.

Jiang la reluquait dans le rétroviseur. Les lèvres relâchées par le narco, les petits seins de soie crème. Il ne chercha pas à engager la conversation et se contenta de suivre les instructions. Dans le silence de l’habitacle, il s’occupa à autopsier ses décisions. Il voulait comprendre pourquoi il se retrouvait là, une fois encore, à faire le même sale boulot pour le même sale type.

 

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