Tokyo Monogatari (III)

Alexandros Lukas observait depuis les hauteurs le fond diffus de Tokyo. Il suivait le réseau nerveux des subplexs, Ikebukuro et Nihonbashi en tête, ganglions gonflés par les fluxs entrants et sortants de trente lignes magnétiques, centres de l’intelligence décisionnelle qui catapultait chaque jour des millions de Tokyoïtes vers tous les points possibles de la conurbation. Il redessinait le contour de la skyline depuis Shinjuku et, suivant un arc tectonique, glissait vers les ensembles architecturaux qui labouraient les premiers nuages. Des racines plus profondes que celles des montagnes les ancraient dans la baie.

Alex, l’homme de l’Ukiyo, le vagabond éternel de l’Infrazone qui s’était choisi l’enso pour symbole, pulsait ce soir à l’unisson de son jardin. Il sentait une poussée derrière son front et un fourmillement agréable au bout de ses doigts. Il déchiffrait les aphorismes cachés dans la prolifération bactérienne des symboles. Ses yeux optimisés pour le traitement des dataflows les plus denses triaient à la volée des centaines de messages saisis dans le bruit blanc de l’empire des signes. De l’absurde, des non-sens et, plus rares et plus précieuses, comme de minuscules révélations nées de la combinaison intuitive de quelques idéogrammes.

 

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