Tokyo Monogatari (I)

Des chats se montraient partout, à moitié vagabonds et pas tout à fait entiers, qu’il leur manquât un tronçon de queue, un morceau d’oreille, abandonnés dans quelques duels dans les insondables passages entre les demeures, ces tranchées plus étroites que des épaules d’enfant où les hommes ne pénétraient jamais.

Des chats comme des fantômes, qui vous suivaient parfois pour se souvenir, apparaissant soudain dans la clarté crue d’un distributeur de boissons ou de cigarettes avant de s’éteindre dans l’ombre orangée d’une contre-allée. Des chats organisés en bandes féroces, de solitaires rêveurs qui se remémoraient les origines.

Des chats sans nombre qu’on n’arrivait pas à marquer, moins encore à suivre, et sur lesquels on avait produit une abondante littérature aux allures de sociologie, aussi vaine que fastidieuse.

Les chats, ces kamis indomptés, échos essaimés d’un Japon qui refusait encore de s’effacer.

 

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